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« C’est de la bombe, bébé ! »

Les Suprême NTM se reforment. Les rappeurs du 9–3 ont lancé la tournée dans un Olympia en ébullition.
La rumeur était dans l’air depuis quelques semaines mais à vrai dire, personne n’y croyait vraiment. On disait Kool Shen et Joey Starr fâchés à mort. Trop de phrases assassines, trop de rancœur, d’amertume depuis la séparation des enfants terribles du rap français. Bien sûr, le respect mutuel que se vouent toujours les membres du controversé groupe de rap était intact mais Kool Shen et Joey Starr étaient partis dans une aventure solo. Des albums, une marque de vêtement, un label, des productions. Les lascars avaient de quoi faire.
Quel ne fût pas notre bonheur lorsque la reformation s’est officialisée et lorsque les deux rappeurs, avec les fidèles DJ James et DJ Naughty, ont chanté leur « Seine Saint-Denis Style » sur le plateau du Grand journal de Michel Denisot le 13 mars. Et d’annoncer un et deux et trois concerts à Bercy.
Au jour d’aujourd’hui, les NTM rempliront cinq Bercy (du 18 au 23 septembre 2008) dont quatre sont déjà complets ! Un peu comme si les Suprême NTM remplissaient enfin le stade de France ! Forte d’une quinzaine de dates, cette tournée qui s’arrête à Montpellier le 18 octobre est déjà un événement en soi.
Pour lancer cette tournée, comme c’est désormais de coutume, rien de tel qu’un concert privé réservé aux potes, à la presse et à des gagnants de concours pour un tour de chauffe. Et rien de tel non plus que la prestigieuse salle parisienne, à savoir l’Olympia.
À l’entrée des loges, lundi dernier, le service d’ordre est un peu « tendu ». On nous remet une kyrielle de bracelets (un jaune, un pailleté, un ticket de concert) et c’est bagué comme un pigeon fin prêt pour le Barcelone - le Tour de France de la colombophilie - qu’on pénètre dans les loges de l’Olympia.
Un peu avant dix-huit heures, on nous emmène dans une salle au sous-sol pour une conférence de presse homérique.
Alors que Sefyu se charge de la première partie, c’est un peu le souk dans les loges où les deux rappeurs ont chacun une pièce à leur disposition. Jamel Debbouze (et madame) fait l’effet d’un Zébulon tandis que la température baisse subitement de plusieurs degrés lorsqu’arrive Lord Kossity et sa garde rapprochée. Sans rire, on a l’impression que c’est Chuck D. (Public Enemy), accompagné de membres de la Nation of Islam qui débarque.
Heureusement, quelques instants plus tard, c’est un Ramzy hilare qui salue la compagnie. Diam’s n’est pas loin. Philippe Manœuvre non plus. On croisera plus tard Julie Depardieu, Clotilde Coureau, et son prince de mari. Si on a beau avoir beaucoup ri, c’est surtout les soixante-dix minutes de concert qu’on retiendra.
Lorsque retentit l’air de Carmina Burana de Carl Orff, gorgé de scratches assassins, l’ambiance dans la salle devient électrique. Et quand Joey Starr et Kool Shen entonnent le « Seine Saint-Denis Style », le début de concert prend des allures de karaoké géant.
Suit « C’est clair », extrait du premier album Authentik. La puissance et la force de frappe nous font penser que les NTM sont les Motörhead du rap français. L’Olympia est sens dessus dessous et les deux compères sont toujours aussi complémentaires. Joey Starr tire un peu la couverture à lui et conserve le côté animal et sauvage du Suprême tandis que Kool Shen, plus sec et teigneux, maintient la tension.
Les textes restent pertinents à l’image de « Laisse pas traîner ton fils » (avec l’arrivée de trois choristes), de « Tout n’est pas si facile » ou de « Qui paiera les dégâts ».
Malgré une microbaisse de régime en milieu de concert, c’est plus affûtés que jamais que les Nique Ta Mère débarqueront au Zénith le 18 octobre. D’autant qu’il se murmure qu’un ghettoblaster géant pourrait faire office de fond de scène – avec les DJ intégrés… On espère juste que la production justifie le prix des places (45 euros sans frais de réservation) pour ce qui est une séance de rattrapage pour ceux et celles – essentiellement des jeunes – qui n’ont encore jamais vu le meilleur groupe de hip-hop au monde.

Juliette Alice

NTM en concert au Zénith de Montpellier le 18 octobre (04 67 64 50 00).

Invité à la table de Trust

Si Trust a fêté les trente ans de sa formation il y a un an à l'Olympia, le groupe français a connu diverses séparations. Et reformations. "Pourquoi être revenu ensemble?" s'interroge Bernie Bonvoisin. "C'est à cause de Ferhat, notre manager et producteur."
"A force de regarder la télé et de voir que ce qu'ils disaient était toujours à l'ordre du jour, j'ai pensé à cette réunion explique celui-ci. Tant qu'à faire que ce soit le modèle d'origine qui redise ce qu'il y a à dire. Puis l'idée, c'était de se retrouver et de prendre du plaisir. Je suis juste le catalyseur." Un catalyseur qui permet à Trust de sortir Treize à table, un nouvel album fait par six hommes, dont un DJ.
"Si c'était pour faire une énième reformation et faire ce qu'on faisait il y a 20 ans il n'y avait aucun intérêt, estime le chanteur. Il fallait qu'on prenne un risque musical. Il n'est pas possible de ne pas tenir compte de ce côté majeur qu'est le rap, ce serait être aveugle et sourd. Ce serait inintéressant. C'est la musique qu'on écoute, qui est majeure. Et c'est essentiel de batir des ponts. C'est un album que je qualifierais de fusion, de fusionnel. Lors des autres reformations, il n'y avait pas ce caractère de risque. Les choses étaient rapprochées. Il y a eu un arrêt de quinze années, c'est énorme. Chacun est revenu avec ses envies, ses désirs. On a essayé de faire en sorte que chacun soit impliqué, que ça s'imbrique. Aujourd'hui, la seule notion qui pousse le groupe et qui l'anime, c'est le plaisir. Il n'y a pas de but de carrière. On prend les choses au jour le jour. L'album est toujours impliqué. Oui, il est politique mais pas politicien. Parce qu'aujourd'hui, pour ne pas être sensible à ce qui se passe dans le monde, il faut être une sale personne. Cela s'est fait il y a un an et demi, avant les élections. C'est clair que cela aurait été plus sympathique de tomber dans un climat différent que celui de Sarkozy."
Le groupe ne regarde pas avec nostalgie son glorieux passé (gros vendeur parti de rien, enfonceur de portes,…) mais avec fierté. "Et la plus grosse satisfaction, c'est que nous ayons retrouvé un public jeune. En effet, les gens semblent prendre un vrai plaisir. On a ressenti une attente de leur part, un manque. Ils ont l'air heureux de nous voir de nouveau sur scène."
Quand on dit Trust, on pense directement à Antisocial, cela pourrait devenir lassant. "Je souhaite à tout le monde d'être catalogué par un titre qui traverse les époques. Je pense que c'est une bonne chanson. Il y a un bon riff, un bon texte. On ne l'a pas calculé. Je me souviens du lieu du moment où j'ai fait ce titre. Pas une seconde j'ai pensé à ce qu'il allait devenir. Il y a eu un referendum en 2000 sur les 100 chansons de ces 50 dernières années qui ont marqué les Français et on a placé deux titres. C'est comme ça. Ce ne sont pas des choses qu'on calcule, qu'on prévoit."

Propos recueillis par Mbo

En musique, le hasard est un art

Le Théâtre de Nîmes accueille les musiciens de la Merce Cunningham Dance Company
Avant la venue de la Merce Cunningham Dance Company sur les planches du Théâtre de Nîmes les 15 et 16 octobre prochains, les musiciens new-yorkais de cette célèbre et prestigieuse compagnie donneront à entendre le génie de John Cage, ainsi que d'autres partitions composées spécialement pour la MCDC depuis un demi-siècle. Durant 1h20, ils enchaîneront trois de leurs compositions emblématiques : « Fontana Mix » de John Cage (1958), « Interspecies Smalltalk » de David Behrman (1984) et « Music for a MinEvent » de Behrman, Kosugi et Moore (2008).
Né en 1919, Merce Cunningham est un est l'un des chorégraphes les plus influents et novateurs du 20ème siècle. Il a étudié la danse à la Cornish School de Seattle où il a rencontré le compositeur et musicien John Cage, qui allait devenir son principal collaborateur artistique et son compagnon. Dans la seconde période de son œuvre, que l’on divise en quatre étapes, Cunningham introduit le hasard. Dans l’utilisation systématique de cette notion, il rejoignait les procédés de création musicale de John Cage.
Outre John Cage, plusieurs grands musiciens ont également composé pour Merce Cunningham. On peut citer parmi eux Pierre Shaeffer et Pierre Henri, Pierre Boulez, La Monte Young, ou encore Jon Gibson. Entité à la fois autonome et complémentaire, évoluant tel un électron libre, Music for the Merce Cunningham Dance Company révèle, à travers trois compositions intergénérationnelles la complicité entre la musique et la danse qui n’a cessé de faire battre le cœur de la compagnie.
Assurée depuis 1995 par Takehisa Kosugi, la direction musicale de la MCDC poursuit aujourd’hui encore les nombreuses et diverses expérimentations entreprises par Cunningham et Cage. Après de maintes investigations, ils étaient alors arrivés à la conclusion que la musique et la danse étaient tous les deux des arts temporels. Dès lors, ils devaient exister séparément. Et bien qu’ils puissent, quelques fois, coexister dans un même espace-temps, ils ne seront jamais connectés ou dépendants l’un de l’autre de manière conventionnelle.

Music for the Merce Cunningham Dance Company par les musiciens de Merce Cunningham Dance Company : le 13 octobre au Carré d'Art de Nîmes (04 66 76 35 70).

Le patrimoine architectural et musical en tête-à-tête

A quelques jours du lancement de la troisième édition des « Chemins sacrés en Languedoc-Roussillon », six villes régionales astiquent leurs plus beaux fleurons patrimoniaux catholiques et protestants, choisis principalement pour leurs qualités acoustiques mais également pour le symbole intellectuel qu’ils représentent. Lancé en 2006 par la Région Languedoc-Roussillon et l’Orchestre national de Montpellier, l’événement dédié aux musiques anciennes et de la Renaissance.
Les cathédrales d’Uzès, Lodève, Mende et Elne, l’abbaye de Caunes-Minervois et le temple de Meyrueis accueilleront donc, du 12 au 16 septembre, une série de six concerts aux notes et harmonies appartenant à ce répertoire enchanteur et rare. René Koering déclarait lors dès la première édition du festival : « Il faut savoir qu’il y a aujourd’hui six à sept siècles de musiques qui ne sont pas donnés au public. Ni l’Orchestre national de Montpellier, ni la musique baroque, ni les orchestres en résidence, ni la musique de chambre ne peuvent exploiter ces partitions… Il me semblait donc intéressant de développer cet aspect-là et de porter à la connaissance du public ce patrimoine savant ».
Selon le surintendant de la musique à Montpellier, il est important de « promouvoir un répertoire encore méconnu, mais dont la qualité et le raffinement devraient toucher et conquérir, dans les années qui viennent, un large public ». Fidèle à l’esprit du festival, l’Orchestre national de Montpellier se produira parallèlement sous la direction de Sébastien d’Hérin et sous la direction de Kanako Abe pour interpréter les plus belles œuvres, à caractère sacré, de Franz Joseph Haydn, Johann Sebastian Bach et Antonio Caldara.

Chemins Sacrés en Languedoc-Roussillon : du 12 au 16 septembre en Languedoc-Roussillon (04 67 60 19 99).

Direction Sébastien d’Herin :
12 septembre : Cathédrale St Théodorit à Uzès (30)
13 septembre : Cathédrale St Fulcran à Lodève (34)
16 septembre : Cathédrale St Privat à Mende (48)

Direction Kanako Abe, soprano Marianne Crébassa
12 septembre : Abbaye St Pierre et St Paul à Caunes-Minervois (11)
13 septembre : Temple de Meyrueis (48)
14 septembre : Abbaye Ste Eulalie à Elne (66)

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